Deux jeunes Américains voyageant en Angleterre se retrouvent
dans un coin perdu non loin de Londres et sont déposés par un
fermier à un croisement de routes. Celui-ci les prévient de marcher
sur la route et de ne pas aller dans les landes. Ils suivent ses
indications et marchent jusqu'au prochain village. En en repartant,
nos deux personnages s'égarent malencontreusement dans les landes
lors d'une nuit de pleine lune et sont attaqués par une bête
étrange...
Par cette intro des plus efficaces débute l'un des films de
loups-garous les plus connus et peut-être, le plus apprécié. Il
n'est pas dur de comprendre pourquoi. La mise en scène de John
Landis est diablement efficace, mêlant la simplicité avec des
images subjectives brutales, ou tout simplement en se reposant sur
des grognements féroces tandis que la terreur affecte les acteurs
et, par
extension, le spectateur. Il s'agit d'une (légère) parodie qui
néanmoins respecte les règles les plus strictes des films
d'horreur. Ce subtil mélange peut nous angoisser, voire créer
certaines émotions.
"Le loup garou de Londres" opère un retour à certaines sources
folkloriques lorsque le héros, sous l'impulsion d'une force
irrésistible, arrache ses vêtements avant de se transformer en
loup. Cette tradition se réfère notamment au "Lai de Bisclavret",
dans lequel un chevalier est contraint de se déshabiller
entièrement avant de se métamorphoser et doit dissimuler ses
vêtements sous une pierre creuse car, s'il ne les retrouvait pas,
il serait condamné à errer indéfiniment sous la forme d'un
loup-garou.
Lorsque David se réveille à l'hôpital trois semaines plus tard, il
apprend que son ami est mort et il commence à avoir des visions
effrayantes d'un Jack déchiqueté qui lui dit qu'il est désormais
touché par la malédiction du loup-garou et qu'il lui faut mourir
afin de briser la lignée. De plus, David est assailli par des rêves
de lui-même courant nu dans une forêt et s'attaquant à des biches.
Dans une séquence de cauchemar particulièrement horrible, il se
retrouve chez lui et toute sa famille se fait mitrailler par des
soldats loups-garous. En introduisant cette histoire de fantômes,
Landis apporte un cachet en core plus fantastique à son film,
introduisant même une pointe d'humour noir comme lors de la
première apparition de Jack. Aussi, après la première séquence de
mutation,, David va tuer six personnes, dont un homme dans le métro
dans une course-poursuite très efficace mais malheureusement trop
courte. Le lendemain, il va se réveiller au zoo, dans la cage des
loups, tout nu. Il aura recours à des ballons et une veste de femme
rouge vif pour rentrer. Landis mêle habilement l'horreur et
l'humour sans fioritures, ce qui ne peut que nous faire sourire,
voire même rire tout court.
Evidemment, ce film n'aurait pas la réputation qu'il a sans la
séquence de transformation de David, vraiment impressionnante pour
l'époque. Les effets spéciaux sont réalisés par Rick Baker et rien
ne nous est épargné : des membres qui s'allongent, des oreilles qui
poussent, une ossature qui se déforme, des poils qui recouvrent
bientôt tout son corps, de la gueule monstrueuse qui prend forme,
filmé tantôt en plans larges, tantôt en plans subjectifs. Le tout
est accompagné par les hurlements d'agonie de Jack qui nous fendent
le cœur sur fond musical de la douce mélodie "Blue Moon".
Atroce, maintes fois copié, mais rarement égalé.
Un soin particulier a été apporté à la musique, dont les chansons
présentes comportent toutes le mot Moon dans leur titre. Ainsi,
nous retrouvons "Bad Moon Rising" de Creedence Clearwater Revival
qui évoque à merveille l'esprit mélancolique et sinistre du film.
Il y a également "Moondance" de Van Morrison et trois versions du
magnifique "Blue Moon".
Revoir "le loup garou de Londres" aujourd'hui nécessite de voir le
film pour ce qu'il est : un bon film d'horreur estampillé années
80, mais dont le charme associant humour et épouvante demeure
intact.
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Date de création : 19/10/09 Dernière mise à jour : 23/10/09 19:38 / 166 articles publiés