Né à Canton en 1946 (chine populaire), John Woo s'installa très
rapidement à Hong Kong avec sa famille alors qu'il n'était âgé que
de quatre ans. Issu d'un milieu pauvre, ses parents n'ont pus le
mettre à l'école qu'à l'âge de neuf ans grâce à des aides
financières de familles catholiques américaines. Mais des jours
meilleurs se profilent, avec son entrée à 23 ans au Matteo Ricci
College, où il va s'essayer à ses premiers courts métrages en 8
millimètres. Sa passion du cinéma grandissante, il devient
assistant à la Cathay Organisation, avant d'être enrôlé deux ans
plus tard (en 1971) dans la plus grande société de production
Hongkongaise : la Shaw Brothers.
Aux côtés de Chang Cheh, l'un des réalisateurs les plus talentueux
de sa génération, John Woo apprend toutes les bases du cinéma
d'action et est très vite remarqué par le groupe concurrent de la
Shaw Brothers, la Golden Harvest, qui la convaincu de signer en
1973 son premier long métrage, The Young Dragons. Jugé trop
violent, le film a été coupé à plusieurs reprises. John Woo n'a pas
encore réussi à faire passer son idée du cinéma auprès de ses
pairs.
Obligé de suivre les lignes directives imposées par sa maison de
production, il s'enlisera dans bon nombre de comédies dont Money
Crazy et de films d'arts martiaux tels que Dragon Master, dans
lesquels il ne peut s'exprimer librement. En 1983, qui correspond à
la période où John Woo n'a pratiquement plus de succès auprès du
public et dans laquelle il envisage même d'arrêter le cinéma, une
rencontre avec le cinéaste Tsui Hark va tout changer.
Ce dernier lui laisse quartier libre pour son prochain film. C'est
de là qu'est né en 1986 le plus gros carton de l'histoire du box
office Hongkongais. Il s'agit bien sûr de "A Better Tomorrow". John
Woo retrouve enfin son cinéma de prédilection, le polar. On y
découvre tous les ingrédients de la nouvelle mode Heroic
Characters. Un personnage principal tourmenté psychologiquement qui
va se purger dans la violence muni d'un Beretta dans chaque main,
un look stéréotypé... Un nouveau cinéma est né, qui va lancer le
genre culte.
Un an plus tard, en 1987, Tsui Hark persuade John Woo de faire une
suite. "A Better Tomorow 2" est un peu décevant par rapport au
premier, avec notamment un scénario assez lourd, rattrapé tout de
même par un final magistral. Mais c'est l'année 1989 qui a vu
naître LE chef d'oeuvre de John Woo, "The Killer", qui s'impose
tout simplement comme le meilleur polar d'action de tous les temps.
Influencé par de grands réalisateurs occidentaux (Jean Pierre
Melville, Sam Peckinpah, Sergio Léone...) John Woo réussi avec ce
film à propulser ses thèmes chers (l'amitié, la trahison, la quête
de la justice) à leur paroxysme, grâce à un découpage des scènes
qui enfonce encore les dernières productions Hollywodiennes, et à
des Gunfights éblouissants ponctués par des musiques envoûtantes
ajoutant une teinte de romantisme au film. John Woo commence alors
à être reconnu internationalement. Après "The killer", il réalisera
trois dernier films à Hong Kong : "Once a Thief", "Bullet in the
Head" et surtout "Hard Boiled", qui restera une référence en
matière de Gunfights.
De peur que le cinéma de Hong Kong tombe sous le giron Chinois, il
s'installe à Hollywood en 1992 pour réaliser "Chasse à l'homme"
puis "Broken Arrow" en 1995. Deux films dans lesquels on ne
reconnaît pas le talent de John Woo, encore aux prises avec la
censure. Des débuts américains difficiles... Jusqu'en 1997, où est
sorti sur nos grands écrans "Volte Face", qui restera pour le
moment son meilleur film réalisé aux USA. On y retrouve un duo
Travolta/Cage mis en scène dans un scénario à la limite de la
science fiction mais dans lequel John Woo a su parfaitement
développer la profondeur des personnages tout en nous livrant des
"Gunfights" honorables. "Mission Impossible 2", qu'il réalisa en
2000, n'a franchement pas été à la hauteur des espérances du
public, qui attendait un nouveau "Face Off". Résultat, une mise en
scène bien maîtrisée mais qui ne laisse que très peu de place au
rôle des personnages dans le scénario, qui est d'ailleurs quasi
inexistant. Dommage, mais John Woo livra un nouveau film, "Wind
Talkers", dans lequel on retrouve Nicolas Cage et Christian Slater
dans le rôle de deux soldats pendant la deuxième guerre mondiale.
Sans arriver à la cheville de l'immense "une balle dans la tête",
le film est d'une qualité honorable et offre de bons moments. Il
signa ensuite "Paycheck", avec Ben Affleck et Uma Thurman, film
d'action mâtiné de S.F regardable, même si on est loin de ce qu'est
capable de faire John Woo.
Il exploite des thèmes récurrents tels que la symétrie entre les
êtres (tous ses films), l'infiltration dans la mafia, l'amitié et
le sens de l'honneur. Ses films, souvent violents, délivrent
toujours un message positif. Le film synthétisant le mieux ces
aspects est sans doute Volte face, puisque les ennemis échangent
leurs visages, avec notamment la scène du miroir à double face :
chacun regarde son propre reflet et bien que se regardant soi-même,
voit son ennemi.
Lorsqu'il produisait à Hong Kong, il n'hésitait pas à mettre en
scène des tueries touchant aveuglément enfant et malades ; depuis
qu'il est à Hollywood, il s'autocensure sur ces points . Il use
(et, pour certains, abuse) de la « roulette mexicaine » (les
personnages se pointent l'un et l'autre avec une arme, encore un
symbole de la symétrie) et de l'apparition systématique de colombes
dans chacun de ses films.
Il a révolutionné le cinéma d'action et a imposé son style, et
d'une manière générale le style de Hong Kong, avec des « trucs »
comme la tenue simultanée de deux pistolets, ou bien le fait de
tenir un pistolet incliné, que l'on retrouve maintenant dans tous
les films d'action de Matrix au Cinquième Élément en passant par
Usual Suspects.
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Date de création : 19/10/09 Dernière mise à jour : 23/10/09 19:38 / 166 articles publiés