Accueil Date de création : 19/10/09 Dernière mise à jour : 23/10/09 19:38 / 166 articles publiés

John Woo  (Biographie) posté le mardi 20 octobre 2009 09:39

woo

Né à Canton en 1946 (chine populaire), John Woo s'installa très rapidement à Hong Kong avec sa famille alors qu'il n'était âgé que de quatre ans. Issu d'un milieu pauvre, ses parents n'ont pus le mettre à l'école qu'à l'âge de neuf ans grâce à des aides financières de familles catholiques américaines. Mais des jours meilleurs se profilent, avec son entrée à 23 ans au Matteo Ricci College, où il va s'essayer à ses premiers courts métrages en 8 millimètres. Sa passion du cinéma grandissante, il devient assistant à la Cathay Organisation, avant d'être enrôlé deux ans plus tard (en 1971) dans la plus grande société de production Hongkongaise : la Shaw Brothers.
Aux côtés de Chang Cheh, l'un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération, John Woo apprend toutes les bases du cinéma d'action et est très vite remarqué par le groupe concurrent de la Shaw Brothers, la Golden Harvest, qui la convaincu de signer en 1973 son premier long métrage, The Young Dragons. Jugé trop violent, le film a été coupé à plusieurs reprises. John Woo n'a pas encore réussi à faire passer son idée du cinéma auprès de ses pairs.

Obligé de suivre les lignes directives imposées par sa maison de production, il s'enlisera dans bon nombre de comédies dont Money Crazy et de films d'arts martiaux tels que Dragon Master, dans lesquels il ne peut s'exprimer librement. En 1983, qui correspond à la période où John Woo n'a pratiquement plus de succès auprès du public et dans laquelle il envisage même d'arrêter le cinéma, une rencontre avec le cinéaste Tsui Hark va tout changer.
Ce dernier lui laisse quartier libre pour son prochain film. C'est de là qu'est né en 1986 le plus gros carton de l'histoire du box office Hongkongais. Il s'agit bien sûr de "A Better Tomorrow". John Woo retrouve enfin son cinéma de prédilection, le polar. On y découvre tous les ingrédients de la nouvelle mode Heroic Characters. Un personnage principal tourmenté psychologiquement qui va se purger dans la violence muni d'un Beretta dans chaque main, un look stéréotypé... Un nouveau cinéma est né, qui va lancer le genre culte.

Un an plus tard, en 1987, Tsui Hark persuade John Woo de faire une suite. "A Better Tomorow 2" est un peu décevant par rapport au premier, avec notamment un scénario assez lourd, rattrapé tout de même par un final magistral. Mais c'est l'année 1989 qui a vu naître LE chef d'oeuvre de John Woo, "The Killer", qui s'impose tout simplement comme le meilleur polar d'action de tous les temps. Influencé par de grands réalisateurs occidentaux (Jean Pierre Melville, Sam Peckinpah, Sergio Léone...) John Woo réussi avec ce film à propulser ses thèmes chers (l'amitié, la trahison, la quête de la justice) à leur paroxysme, grâce à un découpage des scènes qui enfonce encore les dernières productions Hollywodiennes, et à des Gunfights éblouissants ponctués par des musiques envoûtantes ajoutant une teinte de romantisme au film. John Woo commence alors à être reconnu internationalement. Après "The killer", il réalisera trois dernier films à Hong Kong : "Once a Thief", "Bullet in the Head" et surtout "Hard Boiled", qui restera une référence en matière de Gunfights.

De peur que le cinéma de Hong Kong tombe sous le giron Chinois, il s'installe à Hollywood en 1992 pour réaliser "Chasse à l'homme" puis "Broken Arrow" en 1995. Deux films dans lesquels on ne reconnaît pas le talent de John Woo, encore aux prises avec la censure. Des débuts américains difficiles... Jusqu'en 1997, où est sorti sur nos grands écrans "Volte Face", qui restera pour le moment son meilleur film réalisé aux USA. On y retrouve un duo Travolta/Cage mis en scène dans un scénario à la limite de la science fiction mais dans lequel John Woo a su parfaitement développer la profondeur des personnages tout en nous livrant des "Gunfights" honorables. "Mission Impossible 2", qu'il réalisa en 2000, n'a franchement pas été à la hauteur des espérances du public, qui attendait un nouveau "Face Off". Résultat, une mise en scène bien maîtrisée mais qui ne laisse que très peu de place au rôle des personnages dans le scénario, qui est d'ailleurs quasi inexistant. Dommage, mais John Woo livra un nouveau film, "Wind Talkers", dans lequel on retrouve Nicolas Cage et Christian Slater dans le rôle de deux soldats pendant la deuxième guerre mondiale. Sans arriver à la cheville de l'immense "une balle dans la tête", le film est d'une qualité honorable et offre de bons moments. Il signa ensuite "Paycheck", avec Ben Affleck et Uma Thurman, film d'action mâtiné de S.F regardable, même si on est loin de ce qu'est capable de faire John Woo.

Il exploite des thèmes récurrents tels que la symétrie entre les êtres (tous ses films), l'infiltration dans la mafia, l'amitié et le sens de l'honneur. Ses films, souvent violents, délivrent toujours un message positif. Le film synthétisant le mieux ces aspects est sans doute Volte face, puisque les ennemis échangent leurs visages, avec notamment la scène du miroir à double face : chacun regarde son propre reflet et bien que se regardant soi-même, voit son ennemi.
Lorsqu'il produisait à Hong Kong, il n'hésitait pas à mettre en scène des tueries touchant aveuglément enfant et malades ; depuis qu'il est à Hollywood, il s'autocensure sur ces points . Il use (et, pour certains, abuse) de la « roulette mexicaine » (les personnages se pointent l'un et l'autre avec une arme, encore un symbole de la symétrie) et de l'apparition systématique de colombes dans chacun de ses films.
Il a révolutionné le cinéma d'action et a imposé son style, et d'une manière générale le style de Hong Kong, avec des « trucs » comme la tenue simultanée de deux pistolets, ou bien le fait de tenir un pistolet incliné, que l'on retrouve maintenant dans tous les films d'action de Matrix au Cinquième Élément en passant par Usual Suspects.

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