Danny Maddigan est un ado passionné de cinéma, en particulier du
cinéma d'action. Il voue ainsi un véritable culte à son héros de
toujours, le flic incorruptible et invincible : Jack Slater. Il a
la chance de visionner le film la veille de sa sortie grâce à un
ami projectionniste, qui lui offre un ticket de cinéma, dont la
légende voudrait qu'il appartenait à Houdini. C'est alors que
l'incroyable se produit : le billet magique entraîne le jeune Danny
de l'autre côté de l'écran, pour lui faire vivre en direct les
aventures de son héros préféré!
Ce film est assez méconnu et n'a pas le succès qu'il mérite. Pour
moi, il s'agit tout simplement d'un des meilleurs films d'action de
l'histoire. Outre les séquences spectaculaires, l'aspect parodique
permet de décortiquer les automatismes du genre : qui d'autre
pouvait le faire mieux que John Mc Tiernan, celui là même qui créa
ces codes avec "Piège de cristal" ?
En effet tous les gimmicks récurrents du genre sont réunis en un
seul film : qu'il s'agisse de la faille du héros, son
invincibilité, le chef des méchants, le bad guy félon, le
psychopathe, la jolie blonde, le chef insatisfait et hurleur, le
spectaculaire, la caricature (la chute d'Alan Rickman dans "Die
hard" est reprise), l'humour potache et les répliques cinglantes,
tout cela forme un melting pot a priori hétéroclite, mais qui
s'avère être un tout homogène, et culotté ( la bande annonce de
"Hamlet" version Schwarzi est un bijou !).
Par l'entremise de ces artifices, Mc Tiernan va analyser,
décortiquer et reconstruire le mythe du héros. Et le point
culminant de ce travail analytique intervient au dernier tiers du
film, lorsque les personnages imaginaires passent à leur tour de
l'autre côté de l'écran. Mais le monde réel n'est pas celui de la
fiction. Ici, briser la vitre d'une voiture à main nue fait mal !
La sempiternelle séquence des deux voitures qui se foncent dessus
ne se termine pas par le changement de direction du méchant, mais
par un accident ! Autant de séquences jubilatoires qui servent
l'argumentation de Mc Tiernan pour étayer sa réflexion sur la
réalité et l'imaginaire.
Alors quand Arnold et Mc Tiernan jouent la carte de l'autodérision
à fond (à ce titre la scène des Oscars est très intéressante)
pendant que Mc Tiernan appuie ses références ("le septième sceau"
de Bergman, ses propres films, Roger Rabbit), on se dit qu'on tient
là un des films d'action les plus intelligents qu'on ait vu depuis
....
... depuis quand déjà ?
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Date de création : 19/10/09 Dernière mise à jour : 23/10/09 19:38 / 166 articles publiés